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HISTOIRE DE LA COMPAGNIE
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Nous avons enfin retrouvé (en 2007) des documents d'époque (authentiques) qui nous permettent de dater précisément la création d'une Confrérie de Saint-Sébastien à Provins en 1755.

Ces documents sont essentiellement constitués de deux tomes de l'Histoire Civile de Provins, ouvrages conservés au Fond Ancien de la ville. Ces ouvrages entièrement calligraphiés constituent les registres officiels de la Ville de Provins. On peut y trouver de nombreux renseignements sur les us et coutumes du 18ème siècle.
A la page 458 du tome IV sont consignées en détail les démarches entreprises par des provinois (tous les noms sont notés) pour former une nouvelle Compagnie d'Arc à Provins. Voici quelques lignes extraites de ce registre (ci-dessous à gauche) et transcrites en français moderne :

 

Du Noble Jeu de l'Arc

 

Suivant les registres, le jeu de l'arc qui a duré depuis 1398 a fini en 1612.
L'an 1755. Plusieurs personnes de Provins désirant relever le jeu de l'arbalète en y substituant celui de l'arc s'adressèrent à Mr de Pomponne, par le canal de Mr Etienne Cesard Pelet de Belleville avocat du Roy qui l'honorait de sa protection, qui en qualité d'abbé de St Médard de Soissons était juge souverain et Grand Maître du Jeu de l'Arc et de la Confrérie de St Sébastien qui a été substituée à celle de St Christophe. En conséquence, les nommés...

Suivent les noms et professions des demandeurs.

 

Permission du Lieutenant de Police de faire battre tambour du 5 juillet 1755.
Signé Guérin de la Hemerie pour la vacance du siège.

Ce qui est certain, c'est qu'au Moyen Age, l'arbalète était répandue en tant qu'arme de défense et de guerre. Précise, puissante, facile d'utilisation, l'arbalète est considérée comme très meurtrière et le concile de Latran (1139) interdit son usage entre les armées chrétiennes, laissant son emploi libre contre les musulmans (déjà !). Malgré le bref d'Innocent III (bref = lettre du Pape portant sur une question d'ordre privé, NDLR) confirmant l'interdit, Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion arment d'arbalètes leurs troupes à pied. Au cours du Moyen Age, les arbalètes les plus légères se bandent à l'aide d'un crochet qui s'ajuste à la corde, le pied maintenant l'arbrier au sol grâce à un étrier placé à l'avant de l'arme. La cadence de tir comparée à celle de l'arc est inférieure, en effet si au XIVe siècle un archer décoche douze flèches en une minute, un bon arbalétrier tire seulement deux carreaux.

Les grandes arbalètes à moufle qui apparaissent au début du XVe siècle ont une puissance exceptionnelle, d'une portée comparable à celle des grands arcs soit, une centaine de mètres en tir tendu, et trois cent soixante mètres environ en tir parabolique, mais avec une puissance de pénétration plus importante grâce à une grande vitesse initiale. Le "moufle" ne sert qu'à bander l'arc, il est retiré ensuite pour le tir.
L'arc de cette puissante arbalète mesure environ soixante-douze centimètres et l'arbrier muni d'un étrier environ un mètre. Son poids, son encombrement, son mécanisme, la font réserver à l'attaque ou à la défense des positions fortifiées. Afin de mettre en oeuvre son arme à l'abri des tirs ennemis, l'arbalétrier se protège derrière le pavois, grand bouclier rectangulaire à la base en forme d'ogive. Construit de bois doublé de peau, il présentait dans la plupart des modèles une arête de renfort médiane. Afin de le maintenir devant lui, l'arbalétrier l'appuie à un pieu fiché en terre.

Le dernier grand-maître des arbalétriers fut Aymar de Prie († 1527). Depuis 1515, cette charge est réunie à celle de grand-maître de l'artillerie. Le Roi Charles IX (règne de 1560 à 1574) supprime par décret arbalétriers et archers : "pour ce que à présent les arcs et arbalestres ne sont en usage de défense, tous les arbalestriers et archers seront dorénavant tenus porter harquebuse au lieu des arcs et arbalestres...". L'arme à feu naissante avait eu raison des arcs et arbalètes.

Voici quelques textes extraits de livres sur Provins que l'on peut consulter à la bibliothèque de la ville :

Plus tard il y eut, dans la compagnie des arbalétriers, de bons bourgeois et même des ecclésiastiques. On voit dans un ancien registre de cette communauté, sous la date de 1401, la réception d'un sieur Renegu, commandeur de la Croix-en-Brie. Le jeu des arbalétriers était établi dans l'emplacement où fut bâti bien longtemps après le couvent de la congrégation des Filles de la Vierge, en 1611.

Dans les lettres de franchises que Thibault VI accorda à Provins, il est dit que chaque homme de la commune, qui aura vaillant 20 livres, sera tenu d'avoir une arbalète en son hôtel.

ARMES DE PROVINS. La ville de Provins, porte d'azur, au château flanqué de quatre tours d'argent, maçonnées et crénelées de sable. Couronne de Comte. A la porte est un lion. Ce sont ces armoiries qui furent rendues à la ville par Louis XVIII en 1816. Elles sont semblables à celles qui figurent sur le plafond boisé de l'église de Sainte-Croix, à la porte du midi ; on y lit cette légende : Condidit hunc Caesar ; tunc servat Caesare major.
Sur un cachet du présidial, on voit la tour avec donjon et créneaux ; plus récemment l'emblème de la ville de Provins était la tour telle qu'elle existe de nos jours avec son toit de tuiles.

ARQUEBUSIERS. L'hôtel de l'Arquebuse était au bout de la rue des Bons-Hommes, vis-à-vis la tuilerie. Il fut bâti en 1670. Sur la porte d'entrée était gravée cette inscription : Medius Martis pacisque ludus (Horace) ; sur le drapeau, était la grosse tour avec cette légende : Struxit me Caesar, servat me Caesar major ; ce qui faisait allusion à Louis XIV ; sur le revers du drapeau, semé de lis et de roses, on lisait, Sic florent nostris, lilia mixta rosis. L'arme des chevaliers était un fusil d'une forme particulière : sur la culasse il y avait une visière ; le canon très épais était carabiné ; la balle entrait de force.

La ville leur avait accordé quelques privilèges. Ils avaient le pas sur la milice bourgeoise, dont ils étaient les grenadiers. Tous les ans, le jour de Saint-Louis, ils tiraient un oiseau, celui qui l'abattait s'appelait le Roi ; il était exempt de taille pour l'année, de logement de gens de guerre et du droit de courte-pinte (?)

BUTTE DES ARBALÉTRIERS. La communauté des Arbalétriers de Provins, confrères de la confrérie Saint-Christophe, fondée en l'église Saint-Pierre, datait de 1398 ; dans le registre de sa fondation, l'arbalète était expliquée et interprétée comme image de la trinité et passion de N.S.J.C. (Notre Seigneur Jésus Christ). Ce papier fut renouvelé en 1533, et passa aux mains des chevaliers de l'arc, au pouvoir desquels il était encore en 1775, après avoir été en 1723 dans les mains d'Ant. Frelon, procureur du Roi des eaux et forêts, qui en a donné connaissance à Lévêque de la Ravallière. Il était en 1763 entre les mains de M. Pelet de Belleville, qui avait succédé à la charge de Frelon.

Le roi Charles V avait défendu, par une ordonnance du 3 avril 1369, tous jeux de cartes et de dés, et enjoint à tous ses sujets de s'exercer au tir de l'arc et de l'arbalète. Cette mesure, d'une fort grande importance politique puisqu'elle instituait une école permanente d'exercice militaire dans toutes les villes de France, fut, comme on le voit, régulièrement organisée parmi nous peu d'années après.

Les statuts primitifs ne nous ont pas été conservés, mais nous avons la plainte portée le 24 mai 1592 par Quiriace Frelon, l'un des anciens capitaines du jeu de l'arbalète, contre Hippolyte Boschot, alors président, qui avait négligé d'avoir, suivant la coutume ancienne, préparé et tenu prêts deux pots de vin pour recevoir MM. les arquebusiers. Les capitaines devant lesquels fut d'abord portée l'affaire, condamnèrent le coupable en 30 s. (sols ?) d'amende ; alors il y eut appel par-devant les Rois. Ceux-ci par leur sentence condamnèrent Boschot à bailler, payer et fournir trois tartes et trois gâteaux semblables à ceux présentés le jour de la sentence à MM. de la justice, et trois pots de vin, qui seraient présentés auxdits arquebusiers à la première assemblée qui se fera ; firent défense à lui et à tous autres de commettre telles fautes, ni contrevenir aux ordonnances de ladite compagnie et communauté, sur plus grande peine.

Les registres contenaient les serments, statuts et ordonnances faits de toute ancienneté, gardés et observés au jeu de l'arbalète par les confrères de Provins.

La compagnie se recruta pendant longtemps parmi les personnages les plus importants de la ville. Paul Durant, contrôleur du grenier à sel et depuis receveur des tailles, fut reçu au nombre des confrères en 1487. Il fut roi pour la première fois en 1493, c'est-à-dire qu'il fit les quatre plus beaux coups ; à cette occasion, il augmenta la médaille qui servait d'insigne aux rois de l'arbalète. Cette pièce était de vermeil, du poids environ de 14 onces. Au milieu d'une rose supportée par deux sauvages, se voyait une figure de Saint-Christophe, patron de la Confrérie, avec les armes de France. De l'autre côté étaient les armes de Champagne, et au-dessous celles de Provins telles qu'on les voyait gravées sur une pierre de l'hôtel-de-ville. Cette médaille était suspendues à une chaîne d'argent, au bout de laquelle étaient encore les armes de France. Plus bas, sur un petit écusson ajouté, étaient les armes de Villegagnon : d'azur à trois chevrons d'or brisés, accompagnés de trois bezans d'or, deux en pointe, un en chef. Le dessus de ce médaillon était une couronne de fleurs de lys ornée de pierreries et soutenue par un ange, au-dessus duquel on lisait :

L'an mil iiiic iiiixx et treize, fut Paul Durant, roi de l'arbalestre à Provins.

Le profit commun désirant,
Lequel sa royauté durant
De vingt livres m'a augmenté,
Dieu lui doint grâce, en prospérant,
De vivre sans adversité.

L'institution des arquebusiers faisant double emploi avec celle de l'arbalète, celle-ci dut pâlir devant la nouvelle compagnie ; il semble même qu'elle se serait confondue avec sa jeune rivale ; car en 1613, une ordonnance de Louis XIII, désirant gratifier les maires et échevins, confirma les exemptions et privilèges accordés par ses prédécesseurs à celui qui serait roi de l'arquebuse ou arbalète.
On comprend que du moment où les armes à feu prirent le dessus, l'arbalète perdit sa raison d'être une institution communale destinée à entretenir dans la bourgeoisie la connaissance du maniement des armes. A ce titre la substitution d'une compagnie d'arquebusiers fut parfaitement justifiée ; mais la confrérie de l'arbalète était non-seulement la compagnie d'élite, et comme la tête de la milice bourgeoise, mais encore un noyau de réunion agréable aux citoyens ; c'est à ce titre qu'en 1755 plusieurs provinois relevèrent, sous le nom du jeu de l'arc, la société disparue. Ils obtinrent de l'abbé de Pomponne, grand-maître du jeu de l'arc, la permission de se former en compagnie ou confrérie de Saint-Sébastien, sauf permission des officiers de ville ; permission qui leur fut accordée le 5 mai suivant, à condition qu'ils ne jouiraient d'aucune exemption. Cette compagnie s'établit rue aux Juifs.
Le terrain occupé par l'ancienne arbalète fut acquis par la congrégation.

Cette compagnie ne dura pas bien longtemps puisqu'à la Révolution de 1789, toutes les compagnies d'arc furent dissoutes. Beaucoup d'entre-elles se reformèrent au 19ème siècle, dont celle de Provins,d'abord refondée en 1755 mais dont nous n'avons pas retrouver trace d'existence avant 1969.
Peut-être devrions-nous faire des recherches du côté de l'église Sainte-Croix et de la rue aux Juifs à Provins pour en trouver des vestiges.

Lisez aussi ce que la commission des traditions du Comité Départemental de Seine-et-Marne a publié sur son site à l'adresse suivante : http://www.chez.com/cd77/tradition.htm

 

                                                                            HISTOIRE CONTEMPORAINE

En ce qui concerne le 20ème siècle, le premier texte fondateur que nous possédons date du 15 janvier 1969. Il s'agit d'une lettre de M. Jacques NADAL (demeurant à Sourdun) adressée au Président de la Ronde de Paris, M. HALLOT (plus précisément, la Ronde Mutuelle des Compagnies d'Arc de Paris et de l'Île-de-France, dont le siège était à la même adresse que celle de la FFTA, à l'époque au 14 du Boulevard d'Ornano à Paris18ème). Voici le texte de cette lettre :

Monsieur le Président,

Ayant téléphoné à la Fédération Française de Tir à l'arc pour pouvoir constituer une compagnie d'arc à Provins, il m'a été dit de me mettre en rapport avec vous à ce sujet.
Je vous serai donc obligé de me faire parvenir les renseignements et surtout le nombre d'archers qu'il faut pour la constituer.
En vous remerciant à l'avance, recevez, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.

Deux jours plus tard, M. HALLOT renvoyait les renseignement demandés et le 6 février, un courrier adressé à la Préfecture était rédigé à Sourdun en ces termes :

Monsieur le Préfet,

J'ai l'honneur de soumettre à votre agrégation la déclaration de constitution pour la Société suivante :

- Titre de l'Association : Compagnie d'Arc de PROVINS
- Siège : SOURDUN - 77 - PROVINS
- Buts essentiels : Pratique du Tir à l'Arc sportif et de l'éducation physique

Moyens d'actions : Tenues d'assemblées périodiques, séances d'entraînement, compétitions, conférences, bulletins, à l'exclusion de toutes discussions ou manifestations de caractère politique ou confessionnelle.
Les fonctions du Comités de Direction sont gratuites.
La Compagnie d'Arc de PROVINS est affiliée à la Ronde d'Île-de-France et à la Fédération Française de Tir à l'Arc, 14 Boulevard d'Ornano, PARIS 18e. Elle a été fondée en première Assemblée Générale qui en a adopté les statuts le 5 février 1969 à SOURDUN, en présence des membres du Bureau.
Incluses deux copies sur papier timbré des statuts adoptés à l'unanimité.
Les membres du Bureau élu au sein du Comité de Direction sont :

Président : Claude LOUIS (demeurant à Provins)
Vice-Président : Jacques NADAL (demeurant à Sourdun)
Secrétaire : Betty NADAL (demeurant à Sourdun)
Trésorier : Olivier ROUGET (demeurant à Provins)

Cette date du 5 février est donc celle de la création de la Compagnie d'Arc de Provins, création officiellement parue dans le Journal Officiel du vendredi 28 Février 1969, en page 2175.

Le 30 septembre 1975, un courrier d'Olivier ROUGET à la Sous-préfecture de Provins annonçait le changement d'adresse du siège de la Compagnie au domicile de M. Patrice LIBERT, décision prise en assemblée générale le 2 mars 1975. Ces changements furent publiés au Journal Officiel en date du 11 mars 1976.

Un nouveau bureau fut élu :

Président : Claude LOUIS
Vice-Président : Jean-Louis FOUCHER
Secrétaire-Trésorier : Olivier ROUGET
Censeur : Hélène ROUGET
Matériel : Patrice LIBERT
Suppléant : Jean-Claude GIZOLME
Suppléant : Lionel LEDAN (en mémoire duquel le Challenge portant son nom est remis en jeu chaque année)

A partir de cette date, le terrain d'entraînement (tir FITA, tir en campagne et tir chasse) fut transféré à Chalautre-la-Petite (voie aux Vins) durant une quinzaine d'années.

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